BIO 

Née en 1994.
Vit et travaille entre Paris et Nancy.

Born 1994 (FR).
Lives and works between Paris and Nancy.

︎ armelle.tulunda@gmail.com
Inspirée par la recherche scientifique, l’observation de l’espace et la notion philosophique du sublime, Armelle Tulunda explore des tensions entre une imagerie issue de prouesses techniques, technologiques et scientifiques et des méthodologies de travail traditionnelles, manuelles et appartenant ou non à l'histoire de la représentation scientifique. Son travail couvrant des médiums tels que le dessin, l'installation, la photographie analogique ou encore la vidéo se joue d'un entre-deux entre réalités culturelles, scientifiques et réalités personnelles, ontologiques.

Suite à la Lumen : Atina Residency (2018), elle est sélectionnée pour présenter sa première exposition personnelle, Out of Sight, en 2019 à la Lumen Crypt Gallery à Londres. En 2021, elle bénéficie du Soutien aux émergences en arts visuels de la région Grand Est et d’un accompagnement d’un an par le CAC - la synagogue de Delme. Ses projets précédents incluent des expositions à Nancy (FR, 2020), à Londres (UK, 2019), et une résidence à Atina (IT, 2018).

Inspired by scientific research, the observation of space and the aesthetics’ notion of sublime, Armelle Tulunda explores tensions between an imagery resulting from technical, technological and scientific prowess and traditional working methodologies, manual and belonging or not to the history of scientific representation. Her work spanning from drawing, installation, analogue photography to video focuses on an interplay between cultural, scientific realities and personal, ontological ones.

Following the Lumen : Atina Residency (2018), she was selected to present her first solo show, Out of Sight, in 2019 at the Lumen Crypt Gallery in St John On Bethnal Green, London. In 2021, she’s the recipient of the Emerging artists grant of the Grand Est regional council, which enables her to be accompanied by CAC - la synagogue de Delme. Previous projects include exhibitions in Nancy (FR, 2020), London (UK, 2019) as well as a residency in Atina (IT, 2018).




CV  



EDUCATION

DNSEP option art obtenu avec les félicitations du jury (2018 - 2020) | École Nationale Supérieure d'Art et de Design de Nancy.

DNAP obtenu avec mention (2013 - 2016) | École Nationale Supérieure d'Art de Bourges.



SOLO / DUO EXHIBITIONS

2022 
| Intervalles, Gue(ho)st House / CAC - la Synagogue de Delme, FR.

2019
| Out of sight, Lumen Crypt Gallery, London, UK.



GROUP EXHIBITIONS 

2022 | 100% l’expo, La Villette, Paris, FR.

2022 
| Under the sun and the moon, Humble Arts Foundation, New York, USA (online).

2021 | Zone du dehors, Galerie R. Banas / Maison de la Culture et des Loisirs, Metz, FR.

2020
| Collection Artem #4, École Nationale Supérieure d'Art et de Design de Nancy, FR.

2019 | Natural Light, AIR Gallery, Manchester, UK. (with Luke Harby)

2019 | Through the Looking Glass, Ugly Duck, London, UK.

2019 | Falling Stars / Stelle Cadenti, Saint Pancras Crypt Gallery, London, UK.

2018 | Arte e astronomia, Chiesa San Francesco, Atina, IT.

2016 | Le son que fait la page, Médiathèque de Bourges, FR.



AWARDS / GRANTS

2021 | Soutien aux émergences arts visuels, Région Grand Est - parrainée par le CAC - la Synagogue de Delme 2021/2022. 

2018 | Recipient : Lumen solo show award.



RESIDENCIES

2021 | Résidence de création 2021, École du Mont, Chaligny, FR.

2018 | Lumen : Atina Residency, Atina, IT.



WORKSHOPS

2021 | Constellations, Arts visuels - Grand Paris Sud x Micro-Folie, Evry-Courcouronnes.

2021 | Atelier hors-les-murs, Micro-Folie d’Evry-Courcouronnes.

2020 | De l'autre côté de l'espace, Musée de l'Histoire du Fer, Jarville-la-Malgrange.



TALKS / ROUNDTABLES / EVENTS

2022 | Paysages cosmiques, Le Régent, Bastia.

2022
| Jeudis écrans noirs, Musée des Beaux-Arts de Nancy.

2022 | Biennale En Immersion, La Marge, Lieusaint.

2020 | super/science : light reflections, Turner Contemporary Museum x super/collider (online).


TXT 

Benoît Lamy de La Chapelle 
Directeur du CAC - la synagogue de Delme



Armelle Tulunda réalise des œuvres dans le champ de la photographie et de l’image au sens large, par production directe mais aussi par appropriation d’images extraites d’ouvrages ou de sites internet de vulgarisation scientifique. Elle s’intéresse plus particulièrement à la construction de ces images, non seulement d’un point de vue scientifique, mais aussi politique, sociologique et historique. En pointant leurs modes de fabrication, elle souligne la manière dont ces images révèlent un état de l’univers ne relevant pas strictement d’une vérité indiscutable. Autodidacte en science et appréhendant cette discipline avec un regard assumé d’artiste, Armelle Tulunda s’inspire d’abord de la beauté de ces images, de leur qualité poétique, tout en prenant conscience de la facticité de leur apparence : telles celles transmises depuis le début des années 90 par le télescope spatial Hubble[1] qui, n’étant pas assez précises à l’état brut, doivent être colorées, retouchées, afin de devenir plus lisibles scientifiquement, et accessibles au grand public. L’artiste trouve dans ces méthodes ignorées, un espace de liberté à partir duquel faire dériver ses propres images du cosmos, entre rêveries infinies, abstraction poétique et, en filigrane, une réalité de production des images procédant d’enjeux politiques et économiques souvent éloignés de la recherche scientifique pure. Apparait alors un « réalisme » scientifique d’une grande subjectivité ayant des conséquences notables sur l’imaginaire cosmique collectif, tournant ainsi une image optimisée pour la recherche en documentation authentique.

Armelle Tulunda se plaît à ancrer ses œuvres dans une situation paradoxale, celle confrontant une imagerie d’une grande précision, fournie par des outils à la technologie toujours plus puissante - dont elle s’approprie les codes -, et la production d’images à l‘atelier, artisanale, puisque recourant à des techniques photographiques ne nécessitant pas d’appareillage sophistiqué, tel que le photomontage ou encore la photographie analogique avec le chimigramme. Ces diverses manipulations permettent à l’artiste d’interroger le médium photographique, son histoire, ainsi que sa fragilité à représenter le réel au-delà de sa surface, souvent considérée par la majorité comme vérité irréfutable. Elle s’intéresse ainsi à la manière dont chacun perçoit les phénomènes non-accessibles directement aux communs des mortels, et comment ces derniers lient leur subjectivité à l’inconnu, en amalgamant histoires personnelles et discours scientifiques officiels, composant ainsi la connaissance du monde et une certaine vérité, orientée dans une direction plutôt qu’une autre.

1. Le télescope spatial Hubble est un télescope spatial développé par la NASA avec une participation de l'Agence spatiale européenne, opérationnel depuis 1990. Une aberration optique particulièrement grave est découverte peu après qu'il a été placé sur  orbite. Le congrès américain, ne s’y retrouvant pas dans la rapport coût du projet/promesse d’une meilleure visibilité de l’espace, a donc dû mettre les scientifiques face à leurs responsabilités. Un travail de retouche d’images en post-production, apportant une vision particulièrement enchantée du cosmos, a donc été nécessaire dans le cadre de ce projet.



Armelle Tulunda creates artworks within the field of photography and imagery in the broad sense, through direct production, but also by appropriation of images taken from books or scientific websites designed for the general public. She is especially interested in the construction of these images, not only from a scientific point of view but also from political, sociological, and historical perspectives. By highlighting their modes of production, she underlines the way in which these images reveal a state of the world that does not strictly stem from unquestionable truth. A self-taught scientist who approaches this discipline with a deliberately artistic gaze, Armelle Tulunda was initially inspired by the beauty of these images, their poetic quality, while becoming aware of the facticity of their appearance: such as the ones transmitted since the early nineties by the Hubble¹ space telescope, which, since they are not sufficiently precise in their raw state, must be coloured, retouched, thus becoming more legible scientifically and accessible to the general public.
The artist finds a pocket of freedom in these unknown methods, thus allowing her own images of the cosmos to stray, between infinite reveries, poetic abstraction and, implicitly, a reality of image production arising out of political and economic issues that are often far removed from pure scientific research. A highly subjective scientific “realism” thus emerges, with notable consequences on the collective cosmic imaginary, thus turning an image optimised for research into authentic documentation.

Armelle Tulunda likes to anchor her artworks within a paradoxical situation, that of confronting imaging of great precision, supplied by tools with increasingly powerful technology – whose codes she appropriates
– with the artisanal production of images in the workshop, drawing on photographic techniques that do not require sophisticated equipment, such as photomontage or analogue photography using chemigrams. These various manipulations allow the artist to question the photographic medium, its history, as well as its fragility in representing the real beyond its surface, often considered by the majority as an irrefutable truth. She is therefore interested in the way in which individuals perceive phenomenon that are not directly accessible to most people, and how the latter link their subjectivity to the unknown, by amalgamating personal stories with official scientific discourses, thus  composing knowledge of the world and a degree of truth, oriented in one direction over another.

1. The Hubble space telescope was developed by NASA with participation from the European Space Agency, and has been in operation since 1990. A particularly serious optical aberration was discovered shortly after it was put into orbit. The US Congress, not satisfied with the ratio project cost/promise of a better visibility of space, therefore had to confront the scientists with their responsibilities. Retouching work on the post-production images, which provides a particularly enchanting vision of the cosmos, thus became necessary within the framework of this project.